| ma diagonale |
| Mardi, 01 Décembre 2009 18:23 |
Ceci n'est pas un cr de la diagonale des fous. ça n'en a ni le gout ni même l'apparence.Dos d'âne samedi 24 octobre . Dans la journée. Quelque part à la réunion. Un choc sur mon visage me fait sursauter et me réveille. Je viens de me cogner contre un autobus arrêté au bord de la route. je courais sur la route en dormant. Quelques jolies filles qui passaient s'esclaffent. Je corresponds sans nul doute à l'image du fou qui arpente les sentiers de la diagonale : hagard les yeux exorbités paraissant 20 ans de plus que son age. Ils peuvent être fiers de leur course les réunionnais. je suis un apatride lancé dans la nuit. Au ralenti. La ligne d'arrivée est la seule patrie à laquelle j'aspire. Je me souviens des cirques de mafate et cilaos et de leur voluptueuse intransigance qui ne pardonne pas, des chemins tortueux et sans pitié qui ont fait résonner le tam tam de mon coeur qui bat désespérement et vainement dans le vide et essaie de survivre. je me souviens des odeurs fauves des corps après 24 heures de course dqui épouse celle de la plaine des sables, celle de la végétation, celle des volcans dont le grondement souterrain parvient jusqu'à moi à travers mes pieds meurtris je me souviens du désarroi de ceux qui abandonnent après être venu de si loin, une pensée émue quelques paroles articulées tant bien que mal, un peu d'attention et la course continue De cette fille dont j'aurais pu tomber amoureux si je n'étais pas moi et si elle n'était pas elle. De toute cette chaleur humaine qui se dissipe inutilement, source d'énergie inépuisable qui pourrait changer le monde si elle se prolongeait au delà de la nuit Le tam tam des esprits bienveillants de la nuit me guide alors que je me perds en moi même, m'accompagne dans ma solitude et mes visions. La nuit me parle, comme une douce caresse. La forêt penche ses branches sur moi, compatissante. Le vent essaie de soulager mes blessures à la cheville et aux pieds, vainement. Quelques paroles dans la nuit, d'anonymes comme moi, me redonnent une cohérence et une identité. Je pense ne pas être le plus mal armé sur le plan compétition dans la vie, notamment sur le plan professionnel .. Pourtant et alors que je n'avais pas pleuré à l'arrivée les pleurs arrivent enfin, libérateurs et bienfaisants et m'accompagnent dans mon sommeil |