| retrouvailles |
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je ne l'avais pas vu depuis longtemps. je me rappelais de lui comme d'une ame solitaire. De même il s'entrainait au marathon tout seul. je le voyais le matin faire son footing tout seul. Il avait ainsi couru des marathons en des temps honorables. Il faisait aussi de longues marches en montagne.Seul bien sur. Il aimait alors dire "les autres ne m'apportent rien". Ils me gênent plutôt qu'autre chose. Il aimait à citer BRASSENS qui disait à partir de 4 on est une bande de cons.Il aimait aussi à dire qu'il ne trouvait rien de gratifiant dans la relation avec autrui. Je m'en étonnais toujours. Il avait eu des amis. Peu à peu il s'en était détaché. Il trouvait toujours de bonnes raisons pour ne pas les revoir. jusqu'à disparaitre de leur univers.Même les plus fidèles et les plus tenaces, après avoir longtemps insisté, avaient fini par se lasser de ne recevoir jamais de réponses à leurs messages. Dès que quelqu'un lui manifestait le moindre signe d'intérêt il le rejetait. Il avait fait le vide autour de lui. Lorque je l'ai revu 20 ans plus tard, il y a peu, il n'avait pas changé. A 50 ans il avait toujours cet air d'éternel adolescent mal dans sa peau, inapte au bonheur. Un peu vouté la démarche sautillante. Il paraissait toutefois comme asséché de l'intérieur.Faisait plus que son age . Lorsque je l'avais vu pour la dernière fois je pensais qu'il allait verser dans la délinquance, compte tenu de sa grande révolte intérieure. de ses engagements d'alors et bien non! Il exercait à présent un métier de responsabilité le mettant en contact avec beaucoup de gens.
Pour quelle raison. Il ne me l'a jamais expliqué. Je ne sais comment il parvenait à résoudre, par quelle énorme dépense d'énergie qui devait l'épuiser, cette contradiction majeure entre son intense révolte, son bouillonnement intérieur, que je sentais toujours à travers ses mots et ce métier de pouvoir . Peut être une revanche sur les autres, l'envie de juger comme il avait été jugé. Lui qui ne faisait rien pour entrer en relation avec l'autre comment pouvait il répondre aux attentes des autres justement et servir ces mêmes autres ?? Comment en s'aimant si peu pouvait il avoir ce métier qui suppose une grande ambition et une grande estime de soi . Après quelques échanges de banalités il m'a quitté .Je suis resté à ma table, soucieux pour lui, que les autres traitaient au mieux de con ou de pauvre type, même pas en face. Si quelqu'un pouvait me dire ce qu'il va devenir.. Je ne sais si je le reverrai. Mon frère
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